Association Amoureux d'Art en Auvergne

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Peinture et Sculpture

Paula Gradom, Langelier, 1940

 

 

 

 L'Épave, Gallou

Dentelle métallique, Gallou

 

 

Tellechea créatrice

entre combat et sérénité,

entre onirisme et poésie

Au printemps 2016, j’ai été fort aimablement invité par Daniel Lavaud, son mari, à une exposition d’Élisabeth Tellechea à Chamalières. Devant les œuvres de Tellechea, car elle veut que son nom de famille (un nom basque) soit seul son nom d’artiste, rendant ainsi un hommage évident à un père admiré, l’état d’esprit dans lequel je me trouvais alors m’a d’abord fait hésiter. Puis, peu à peu, à force de pénétrer dans chacune des réalisations étonnantes de l’artiste, puis en discutant longuement avec elle, j’ai non seulement été convaincu, mais, bien plus encore, l’enthousiasme l’a emporté. Tellechea fait depuis cette époque partie de mon Panthéon personnel. Et je parle de mon Panthéon vivant, fort heureusement pour elle et pour nous !

Au mois d’août dernier, Tellechea m’a fait l’honneur de me montrer ses dernières créations dans son atelier riomois.

Il me semble bon d’en faire profiter mes amis pour plusieurs raisons. D’une part, je veux la faire connaître davantage et proposer à tous quelques clefs de lectures, qui me sont toutes personnelles mais peuvent éventuellement accompagner la démarche des amateurs curieux. D’autre part, je peux ajouter, par ma modeste participation à un moment donné, une page à l’histoire de Tellechea et à l’inventaire de ses créations.

L’exposition de Chamalières m’a conduit à la rédaction d’un article offert au public sur le site Internet de l’Association Amoureux d’Art en Auvergne. Ma visite à Riom me permet aujourd’hui de vous montrer et de vous commenter quelques-unes de ses œuvres les plus récentes.  Lire la suite

 

© Daniel Lamotte

21-25 septembre 2017

 

 

 

Gilles Cohendy,

des mondes de couleurs

La recherche de nouveaux horizons

 

La peinture de Gilles Cohendy coule en cascades rebondissantes et éparses. Ses recherches d’horizons nouveaux le poussent à créer dans différentes voies qui en viennent à former un réseau complexe aux multiples ramifications, dont certaines vont s’opposant. Ce qui semble désordre n’a qu’un seul but : aller toujours au-delà de soi-même et au-delà de l’acquis. De même les ruisselets qui courent en tous sens dans les prés fleuris se jettent dans des rivières tortueuses et celles-ci dans des fleuves larges et tranquilles dont les flots finissent toujours par rejoindre la mer, immensité pure et sans limites, à l’horizon arqué et fuyant, légèrement voilé, que les navires aventuriers veulent atteindre, à la découverte de mondes inconnus.

Gilles Cohendy ne s’interdit aucune voie dans l’invention, qu’il s’agisse du sujet traité, du support, de la peinture en soi ou des frontières du figuratif (nulle peur ne le tenaille à la gorge quant à se rendre jusqu’aux portes de l’abstraction). D’ailleurs, le « bien-léché » l’ennuie et c’est pourquoi il compte toujours garder une part à l’accidentel.

Toutefois, la couleur domine l’ensemble de ses recherches, comme un leitmotiv, un but primordial, un idéal qu’il s’est fixé. La couleur crue, éclatante, éblouissante, tranchée, franche comme lui peut l’être. Parce que Gilles Cohendy ne s’entrave ni d’attitudes emberlificotées, ni de travers hypocrites : il avance avec droiture et simplicité.

Il aime autant les tons chauds ou froids, sachant que les premiers font vivre les seconds, et inversement. Il a remarqué qu’avec le temps, sa préférence va vers plus d’épaisseur et plus de rouge et de jaune.

D’autre part, il ne place pas forcément les couleurs selon les conventions : pour lui, un ciel n’est pas nécessairement bleu. Il admire les peintres du Fauvisme et de l’Expressionnisme pour leurs couleurs audacieuses, placées là où on ne les attend pas et exprimant tel ou tel état d’âme.

Pour lui, la couleur porte la vie et il aime autant l’une que l’autre, immensément.

Une autre recherche féconde en permanence son œuvre : la matière. Il sculpte sa pâte avec délice, la triture avec délectation, la liquéfie ou lui donne onctuosité ou rugosité, selon le besoin, l’étale au pinceau ou au couteau, la tâte, la fait rouler doucement au bout d’un bâtonnet, la repousse avec les doigts, la gratte d’un ongle, bref, la travaille dans la sensualité. La matière picturale ressemble à l’épiderme qui suscite désir et plaisir. D’ailleurs, Gilles Cohendy le proclame : « Il existe un lien étroit entre l’Art, l’Érotisme et la Mort. »       Lire la suite

 

© Daniel Lamotte

Juillet 2016 - janvier 2017

 

 

L’intrépide Marguerite Noirel,

si caustique et tellement perspicace

Un cri strident

 

Le monde semble absurde au sculpteur Marguerite Noirel. Elle ressent comme une injustice profonde la condition humaine. Pourquoi sommes-nous des êtres mortels ? Par quel mystère vient-on au monde pour si vite parvenir dans les bras de la Mort ? Celle-ci joue avec nous un jeu dénué de sens : tôt ou tard, elle gagne toujours la partie…

De plus, la société humaine désespère l’artiste : guerres, meurtres, tortures, exactions, misère, famine, épidémies…

Nous sommes assaillis par des atrocités devenues banales parce que chaque jour la barbarie féroce des hommes fait pire que la veille.

Et non seulement l’homme est un loup pour l’homme, mais en plus il voit s’abattre sur lui toutes sortes de calamités apocalyptiques. Nous sommes abrutis et horrifiés par une comptabilité effrayante des morts, se soldant par milliers, par suite de tremblement de terre, d’éruption volcanique, de glissement de terrain, d’inondation ou de raz-de-marée (Oh ! Nature cruelle !).

Les déchets ferreux et son savoir-faire de soudeur lui servent d’armes pour crier vers nous, spectateurs, combien nous pouvons nous demander s’il existe un sens à tout cela…

Douée d’une incroyable finesse psychologique, l’artiste livre au public ses chimères sculptées, fruits d’un réalisme lucide et étrangement clairvoyant. Elle dévoile les travers de chacun au point que, dans les marionnettes ridicules ou abominables qu’elle met en scène, chacun peut avec effroi se reconnaître ou reconnaître son prochain (Oh ! Personnages de la catastrophe humaine !).

Caustique, Marguerite Noirel nous place avec brutalité devant nos impuissances. Elle crée des personnages qui ressemblent tellement aux humains qu’elle transmute en désespoir tout optimisme béat.

Au vu de ses Portraits de famille, le spectateur se demande s’il pourra se retenir de pousser un hurlement strident. Dans certains cas, il comprendra que l’artiste lui adresse un sourire très grinçant.    Lire la suite 

© Daniel Lamotte

Juillet-août 2016

 

Portrait de famille n° 83, Marguerite Noirel

 

Portrait de famille n° 99, Marguerite Noirel

 

Ombre n° 1, Marguerite Noirel

 

Portrait de famille n° 107, Marguerite Noirel

 

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Détail de L'Exil (2008), Tellechea

 

Le galeriste de Tellechea

 

Tellechea

et le chemin des rêves

Depuis qu’elle est Tellechea, c’est-à-dire depuis toujours puisqu’elle est une sorte d’ange voyageur immortel, elle vit et crée dans les dédales des rêves et elle sait reprendre apparence humaine quand vient la nécessité de se faire la messagère des forces invisibles.

Son Art est une addiction

Sa vie est Art et son Art est sa vie. L’Art la possède et elle possède son Art. Pleinement.

Pour elle, créer ne saurait se faire que dans le silence, afin de se jeter tout entière dans l’Art, en toute sérénité, loin de la moindre rumeur, loin de toute perturbation sonore, loin du brouhaha vulgaire.

Point d’austérité pour autant : Tellechea ne veut surtout pas s’ennuyer lorsqu’elle manie le pinceau ou lorsque qu’elle plonge ses mains dans la glaise. Elle met en scène le tragique de la condition humaine tout en exigeant d’elle-même l’inventivité permanente qui lui permet de ne s’enfermer dans aucun système. C’est sa façon à elle de se jouer des horreurs de la vie terrestre.

Quelquefois aussi, un humour tonique l’emporte.

Elle travaille sans cesse, afin de ne pas « casser la main » : pour que le trait coule de source, la source ne doit jamais tarir.

Elle veut raconter des scènes qu’elle a réellement vécues ou vues en rêve. Elle aime transcrire en couleurs les poèmes qu’elle a lus ou ceux qu’elle a écrits. Elle cherche à troubler le spectateur et met à son ouvrage corps et cœur, esprit et âme.

D’ailleurs, lorsqu’elle crée, Tellechea ne se sent plus elle-même.

Et tout cela la rend heureuse.

Le sens des signes

Aux portes de l’inconnu, Tellechea l’exploratrice n’hésite nullement, quoi qu’il lui en coûte, à franchir le pas et à se plonger dans l’univers de l’impalpable, là où le Temps ne compte pas, là où depuis toujours et jusqu’à toujours le Temps est arrêté et n’a aucun sens. Là, les sabliers sont vides de sable. Là, les horloges n’ont pas d’aiguilles et l’on n’entend pas leur tic-tac. Là, les êtres ni ne vieillissent, ni ne rajeunissent, et tous ont le même âge idéal, c’est-à-dire qu’ils n’en ont pas.

Tellechea ne traverse pas les nuits comme le commun des mortels car elle sait comment nous en ramener des images. Elle cueille des bouquets de fleurs dans le monde de l’onirisme ou y ramasse des minéraux. Pour elle, il s’agit d’une autre manière d’exploiter l’or qui existe à foison derrière les miroirs. Pour cette mission qu’elle s’est fixée, Tellechea ne craint rien. Pourtant, le retour dans notre monde d’ici-bas peut s’avérer douloureux, voire fatal. Mais Tellechea est un caractère fort. En toute connaissance de cause, elle a choisi de porter témoignage de ce à quoi elle accède lors de ses voyages dans les sphères magiques. Elle suit les voies labyrinthiques de l’incompréhensible pour nous le rendre accessible, du moins dans son langage sibyllin.

Voyante extra-lucide, Tellechea ne livre pas ses visions directement. Elle les masque dans ses tableaux. Pour nous, pauvres ignorants, la lecture se mérite : il nous faut fournir un minimum d’efforts et d’attention pour décrypter ses malicieux messages.

Lire la suite

© Daniel Lamotte, 25 mai 2016

 

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 La Bourse violette (2007)

Couple dans la City (2008)

 

Benoit-Basset 

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Paula Gradom - Langelier

 

Paula Gradom, Langelier, 1940

 

Le peintre belge Paula Gradom (1902-1984) se réfugia en 1940 dans un petit village d'Auvergne, Langelier,

où elle fut accueillie par une famille.





Marguerite Noirel

Vincent Thivolle, sculpteur

 

met son savoir-faire à votre disposition

 

Le site

Créations (pdf)

 

Reproductions (pdf)

Moise par Vincent Thivolle

 

Notre-Dame du Port, par Gilles Cohendy

Le tableau de Gilles Cohendy selon Daniel Lamotte

 

   
   

 

 


 

 


 

Galerie d'Art Contemporain de Chamalières

 

Pour en savoir plus : www.amac-chamalieres.com


 

Le sculpteur

Marguerite Noirel

 

Découvrez l'univers de ses créatures grinçantes

 

www.marguerite-noirel.com