Sur la place
de Jaude rénovée, le passant curieux peut méditer sur quelques phrases
d’auteurs connus consacrées au passé antique de l’Auvergne, à la
description de Clermont, à l’évocation de l’essence de la ville. Sont
ainsi convoqués René de Chateaubriand, Alexandre Vialatte, Henri
Pourrat, Jean Anglade, Erik Orsenna mais aussi (l’initiative a surpris,
mais la surprise est heureuse) le grand Jules César, dont le
De Bello Gallico
fournit deux belles citations, données en latin et traduction française.
Il aura
peut-être échappé à la méditation ravie du flâneur de Jaude que le choix
des auteurs cités ménage un curieux vide chronologique entre l’auteur
antique du Ier siècle avant notre ère et le vicomte
préromantique, comme si (une fois de plus) les dix siècles de notre
Moyen-Âge, pourtant si présents dans le patrimoine monumental de la
cité, étaient tenus pour quantité négligeable en matière de témoignage
littéraire sur le paysage clermontois le plus ancien.
Jean-Luc Fray
se propose donc de faire découvrir au public clermontois une série de
textes des VIe, VIIIe et XIe XIIe
siècles qui, de Grégoire de Tours aux
Vies de saint Alyre,
en passant par la chronique de Frédégaire, ré-animent un patrimoine
oublié : description de la première cathédrale de la « ville Arverne »,
première mention du nom de « Clair-Mont », évocation des monuments
romains encore bien visibles dans le paysage clermontois du Moyen-Âge
central…
« Stat
rosa pristina nomine.
» (Umberto Eco)
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